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Épuisé |
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| Ed.Praelego-2ème volume |
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ROMAN
N°02
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Épuisé |
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.......................LUCIE ..............................LA FILLE ........................................QUI VIVAIT ..................AU MILIEU DES VIPÈRES
................................Un roman
Chapitre 1
- Ne descends pas ! Aussi, après tant d'années,
suis-je désireux de redécouvrir ce que ce "trou"
- appellation non usurpée -, est devenu. Puis, conter à
mes proches une bien curieuse histoire dont, malgré moi,
j'avais été le témoin oculaire. Pourtant, il y a bien longtemps, lors de mon célibat, suite à une panne de voiture, j'avais été contraint de m'y arrêter, le temps d'une réparation auprès de Maurice, le garagiste réputé pour sa légendaire lenteur au travail. À telle enseigne que dans son garage, il avait encore un véhicule militaire datant de la dernière guerre mondiale, que les Allemands, en pleine déroute, lui avaient confiée, sous réserve de la leur réparer rapidement. Or, contrairement à ses promesses, les réparations traînèrent tellement en longueur que, las d'attendre, ses occupants, pressés par le temps, arrêtèrent un camion de la Wehrmacht qui passait par là, pour, profitant de l'aubaine, s'enfuir à son bord. Pour en revenir à moi, j'avais
pris pension aux "Lauriers Roses". Tables et chambres
d'hôtes, propriétés des sœurs Bellemanière. Pour l'heure, hélas! À
part une pancarte en tôle émaillée victime de
la rouille, qui au vent, brandille, et qui tient encore par l'opération
du Saint-Esprit, grâce à un rivet resté planté
sur l'un des montants du support sur lequel est inscrit le nom du
village en question, il ne reste plus grand-chose. De facto, et à travers les
vitres de notre automobile, on n'aperçoit qu'un vaste désert
herbeux, ponctué de cailloux blancs. Avec, en arrière-plan,
murs de pierres sèches et maisons blessées, aux toits
partiellement ou totalement effondrés - dont l'ancienne pension
des "Lauriers roses", qui fait pâle figure, avec
ses volets démantibulés, ses carreaux cassés
et ses portes dégondées. Avec meubles émergeant
des éboulis, empêtrés qu'ils sont, dans tout
un fatras de chevrons, de madriers et de pans de bois qui, autrefois,
constituaient le squelette de demeures, dont certaines avaient eu
belle allure. Remises ouvertes aux quatre vents. Tuiles fracassées
sur une chaussée truffée de nids de poules. Bris de
verre éparpillés et papillotant au soleil. Quant à
l’église, aux vitraux béants, ne subsiste que
le clocher pour partie amputé, et qui dresse au ciel un doigt
timide et réprobateur, comme s'il désirait exprimer
la muette protestation d'un monde se refusant à l'oubli. Il n'empêche que, pour mon épouse, et pour mes enfants, qui ignorent tout de l'histoire, ce lieu leur donne à penser à un total abandon d'une population forcée de quitter précipitamment les lieux, en raison d'une quelconque tragédie ou d'un sinistre, qui se serait produit. Bref, d'un événement inopiné. Dont je suis le seul, dans la voiture, à en connaître le motif. - Tu as entendu! Ton père
a dit de ne pas descendre. C'est vrai. Elles sont partout.
Sur et sous les pierres. Dans les broussailles. Et qui se prélassent
et boivent l'ombre ou le soleil. C'est alors que, poussé
par je ne sais quelle subite inspiration imprudente et irréfléchie,
je me vois ouvrant tout grand la portière pour m'extraire
du véhicule. Au grand dam de toute la famille, parce que
je suis pieds nus dans mes sandalettes. 1.Sandales populaires en plastique, appelées sarraiziennes" à l'origine, inventées par l'Auvergnat Jean Dauphant, coutelier de métier.
J'étais de facto, l'héritier
de Lucie Dumestre. Elle m'avait transmis son pouvoir. Et rampants, de toutes parts de
sortir de leurs cachettes et de venir en foule, à ma rencontre,
pour tranquillement de monter sur mes pieds... sans faire montre
de la moindre hostilité. J'ai effectivement l'intime conviction
que la magie de Lucie, "la fille aux serpents", après
des années et des années, est encore, à travers
moi, en train d'opérer. - À présent, en route
pour la colline de Pondière, proposé-je. Après
avoir définitivement claqué ma portière et
appuyé sur le démarreur. Dans le rétroviseur, j'aperçois
Paul Brisson, figé à la même place, bouche grande
ouverte. De sa vie, il n'avait assisté à une telle
action d'éclat. Une fois sommes-nous au pied de
la colline, que je demande qui accepte de m'accompagner. Car après
avoir quitté la route, il faut marcher. Tant est long le
sentier qui conduit aux anciens thermes. De l'intérieur du véhicule, je remarque que les ruines sont toujours là. Bien présentes. Certes, un peu plus noires et un peu plus délabrées qu'auparavant. Mais je reconnais tout. C'est bien là où j'ai passé des heures inoubliables. Puis, finalement, me rangeant aux
desiderata de ma famille... À quoi bon aller plus loin? Puisque
je sais que ce que je vais trouver ne m'apportera qu'amertume et
regret. Quoi qu'il en soit à mesure
que défilent les kilomètres, je crois, à présent,
que l'heure est venue de vous conter Lucie. La fille qui parlait
aux vipères... ..........................................................................À SUIVRE |
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